samedi 10 février 2007

ATTENTION CHEF-D'OEUVRE !

SLOAN « NEVER HEAR THE END OF IT » :

1. Flying High Again – 2. Who Taught You To Live Like That ? – 3. I've Gotta Try – 4. Everybody Wants You – 5. Listen To The Radio – 6. Fading Into Obscurity – 7. I Can't Sleep – 8. Someone That I Can Be True With – 9. Right Or Wrong – 10. Something's Wrong - 11. Ana Lucia – 12. Before The End Of The Race – 13. Blackout – 14. I Understand – 15. You Know What It's About – 16. Golden Eyes – 17. Can't You Figure It Out ? – 18. Set In Motion – 19. Love Is All Around – 20. Will I Belong ? – 21. Ill Placed Trust – 22. Live The Life You're Dreaming Of – 23. Living With The Masses – 24. HFXNSHC – 25. People Think They Know Me – 26. I Know You – 27. Last Time In Love – 28. It's Not The End Of The World - 29. Light Years - 30. Another Way I Could Do It.


Il est rare de nos jours, qu’un album de 74 minutes soit passionnant du début à la fin. A l’époque du vinyl, on appelait ça un double-album. Tous ne sont pas des chefs d’œuvre, mais quelques-uns ont marqué l’histoire du rock : Hendrix « Electric Ladyland », le « Double blanc » des Beatles, « Blonde on Blonde » de Dylan (le 1er de l’histoire du rock), « Tommy » des Who, « Ummagumma » et « The Wall » pour Pink Floyd… Aujourd’hui certains cds sont copieusement garnis mais souvent l’intérêt retombe au fil de la lecture des plages.


« NHTEOI » s’inscrit sans doute dans la lignée de ces mythiques double-LP et renoue avec l’esprit « album » en tant qu’œuvre cohérente et conçue comme telle. A l’instar de la face B d’ «Abbey Road » des Beatles, tous les morceaux s’enchaînent sans « blanc ». Ce qui, évidemment, ne manquera pas d’agacer les accros de la lecture aléatoire sur leurs baladeurs numériques.

En effet, ce disque est fait pour être écouté d’une traite. Ce qui le place au-dessus de la mélée repose sur le parfait équilibre entre des morceaux très courts (une cinquantaine de seconde pour le plus court) et les morceaux au format classique (qui n’excède qu’une fois les 5 minutes) : le morceau central (le 14ème « I understand ») étant le plus long des 30. Et surtout la qualité des compositions ne faiblit jamais : chaque morceau qui succède au précédent vient relancer l’intérêt de l’auditeur. Des pop-songs parfaites (« Everybody wants you », « Right or Wrong », « Can’t you figure it out »…), des brûlots rocks (« Ill placed trust », « Living with the masses », « Another way I could do it »…), voire punk (le très court mais efficace « HFXNSHC »), un petit tour vers le glam de T-Rex (« Who taught you to live like that ») et la pop psychedelique (« Golden eyes »), le slow parfait (« Live the life you’re dreaming of »), l’interlude acoustique (« It's Not The End Of The World »)… Bref, tout y est : un parfait concentré de la musique pop-rock de ces 40 dernières années qui trouve son sommet dans le sublime « Fading into obscurity» à la conception très très beatlesque !


La comparaison avec les Beatles ne s’arrête pas là puisque les quatre membres du groupe chante chacun leurs propres compositions. Et les vocaux (chœurs et lead) sont splendides, tout comme l’instrumentation qui comprend la panoplie complète du parfait pop groupe : guitares (acoustiques et électriques), claviers vintage (piano, orgue hammond, mellotron et moog), basse et batterie.


Ce huitième album est une excellente surprise après deux albums (« Action Pact » et « Pretty together » sur lesquels je reviendrai plus tard) qui faisaient craindre que le groupe avait perdu un peu de son savoir-faire. On retrouve ici le groupe au sommet de son art pour ce qui est à mes oreilles leur meilleur album à ce jour (la discussion est ouverte puisque pendant longtemps leur deuxième album « Twice removed » a été cité comme le meilleur album de rock canadien de tous les temps et que les deux autres chef d’œuvre du groupe « Navy Blues » et « Between the briges » tiennent aussi la corde). En tout cas, on tient là un des tout meilleurs disques de rock de ces 20 dernières années !


Pour se procurer ce chef d’œuvre, inutile de vous précipiter dans les grandes surfaces, il n’y a pas de sortie française prévue… La meilleure solution reste :



A suivre dans les prochains jours (si tout se passe bien), et grace à la gentillesse du manager du groupe Mike Nelson : une interview exclusive du groupe !

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